Slow life à Otoyo

· Food, Illustration, Voyage

Comme je vous le disais la dernière fois, il est temps de ralentir le rythme puisque l’étape du jour permet d’illustrer pleinement ce qu’est la « slow life » ou douceur de vivre… version nippone !

Durant notre road-trip japonais, nous avons quitté Matsuyama pour retrouver la préfecture de Kōchi et le district de Nagafuchi dans la petite ville de Ōtoyo. L’idée était de couper la route entre Matsuyama et Takamatsu et quelle merveilleuse étape ce fut !

 

Petit détour par Imabari

Avant de nous poser tranquillement, je vous laisse admirer quelques photos prises sur le trajet vers Ōtoyo. Au départ, nous pensions consacrer plusieurs journées à parcourir Shimanami Kaido en vélo (=une piste cyclable qui relie la ville de Imabari à celle de Onomichi, près d’Hiroshima).

Mais la paresse fait bien les choses, changement de programme ! À la place, nous allions découvrir cette maison centenaire dans laquelle nous avons passé une nuit et qui finalement, se révéla être l’un de mes meilleurs souvenirs de ce road-trip.

 

Cependant, nous avons tout de même fait le détour pour admirer le pont qui enjambe la mer de Seto. Si vous avez plus de temps (et de motivation que nous) la traversée en vélo peut se prévoir en 1 ou 2 journées (tout dépend de vos performances physiques) et il semblerait que les îles, villages et ports de pêche croisés sur le chemin valent le coup d’œil.

 

La maison d’hôtes dans les montagnes

Après cet arrêt panorama, nous avons repris la route vers notre gîte pour la nuit, Oyamanoyado Mitchisuji, qui se situait au final à Ōtoyo, non loin des gorges de Oboke que je vous ai montrées précédemment.

Encore une fois, je remercie vivement mon chéri qui est à l’origine de cette trouvaille perdue dans les montagnes… tellement perdue que nous avons eu beaucoup de mal à trouver la maison, même avec le GPS. Mais un appel aux propriétaires et un gentil voisin venant à notre rencontre, nous sommes finalement arrivés à bon port.

 

Accueillis par les sourires de Yumiko et de son mari Daisuke, on a tout de suite senti que nous allions passer un bon moment.

Le temps de déposer nos affaires sur le grand tatami de la chambre, Daisuke nous a fait visiter la maison, qui date de plus de 100 ans, décorée de manière très simple et minimaliste mais dans laquelle règne une atmosphère cosy.

 

La vue sur les gorges y est sans doute pour beaucoup, sans compter la tranquillité de l’endroit, toutefois bousculée par un (très) matinal chant du coq.

 

Le couple, vivant il y a quelques années à Tokyo, a voulu fuir le stress de la ville pour se reconnecter à la nature afin d’y élever leurs deux garçons dans les conditions les plus sereines qui soient.

À notre arrivée, ces deux derniers, qui n’ont pas tardé à rentrer de l’école, ont gambadé dans le jardin puis se sont installés pour faire leurs devoirs sur la table du séjour, pas du tout dérangés par le bruit de nos discussions.

Daisuke nous a montré la salle de bain et les toilettes situées dans une petite cabane extérieure au bâtiment principal. J’avoue avoir supplié ma vessie de ne pas me faire lever la nuit pour y accéder (je m’imaginais déjà trébucher sur le petit chemin caillouteux peu éclairé, dans un demi-sommeil) et mes prières furent heureusement entendues.

 

Nous avons également visité les champs alentours : du riz et du thé cultivés dans ces hauteurs. Tout ce qui est consommé par les habitants est produit à proximité : on ne peut pas faire plus local !

 

Yumiko nous a d’ailleurs conviés dans sa cuisine lorsqu’elle préparait le dîner. Au menu, porc pané tonkatsu (porc venant de la ferme voisine) accompagné de riz, de soupe (à la pomme de terre rose, si mes souvenirs sont bons) et de légumes et aromates du jardin. Son mari avait pour mission de surveiller le riz qui cuisait dans une marmite.

 

En regardant Yumiko découper délicatement légumes et citron, nous avons discuté et échangé au sujet de notre quotidien bien différent, au son de la friture du porc et des carottes et maïs qui rissolaient dans la poêle. Yumiko parlant très bien anglais, nous n’avons pas eu à faire intervenir nos mains ni Google translate.

 

Il était alors temps de passer à table, assis sur le tatami. Itadakimasu ! Je me souviens encore du fondant-croustillant du tonkatsu ainsi que du croquant des légumes, avec ce petit air frais bien agréable qui venait nous chatouiller à travers la porte coulissante, alors que le soleil commençait à décliner dehors.

 

Nous avons continué à discuter de tout et de rien : des cours de kintsugi que Yumiko pratique régulièrement (cet art qui permet de réparer de la vaisselle cassée avec de délicats filets d’or dégoulinant), de leur vie à la campagne, d’Instagram…

Yumiko poste d’ailleurs régulièrement des morceaux choisis de son quotidien sur son compte, que je trouve très agréable à suivre, puisqu’on y voit défiler les saisons rien qu’en observant ses photos de fruits et légumes et des plats qu’elle aime préparer.

 

Après avoir dégusté un flan au caramel (toujours fait maison), il était temps de dérouler le futon afin de passer une douce nuit. Le coq s’est chargé d’annuler tout plan de grasse matinée en nous faisant une belle démonstration vocale aux aurores, mais ce n’était pas plus mal puisque nous devions reprendre la route.

 

 

Avant de partir, un petit déjeuner salé avec saumon grillé, soupe miso et petits légumes, toujours aussi délicieux !

 

Quelques photos souvenir ensemble, c’était ensuite le moment de se dire au revoir en remerciant chaleureusement Yumiko et Daisuke de leur accueil et de cette soirée si réconfortante.

 

L’étape du jour était un peu moins touristique et remuante que dans mes billets précédents mais loger dans cette maison d’hôtes reste l’un de nos plus beaux souvenirs de voyage par la simplicité et la sympathie qui s’en sont dégagées.

Nous continuons à garder contact et à nous suivre mutuellement via Instagram et coïncidence, nous nous sommes même croisés le jour suivant à Naoshima puisque toute la petite famille avait décidé de passer également quelques jours du côté de Takamatsu. Rendez-vous donc à la prochaine étape du road-trip : Direction Takamatsu et l’île de Naoshima !

14 commentaires

  1. Répondre

    Charlotte

    C’est magnifique!
    Ca a l’air tellement paisible comme endroit, je veux bien te croire quand tu dis que ça reste l’un de vos meilleurs souvenirs du voyage.

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    Douces effrontées

    Tes articles me transportent et me font rêver. Je suis toujours aussi fan de tes illustrations. En bref, mes visites sur ton blog sont toujours plus qu’agréables : merci.

    Des bisous

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    Tokyobanhbao

    Oh merci mille fois ! Ça me fait tellement plaisir d’autant plus que je prends toujours autant de plaisir (aussi !) à préparer ces articles sur le blog. Bises à toi également !!

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    Annie

    Merci pour ce beau voyage !!!! Super mignons tes dessins, ils sont de plus en plus cute <3

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    Amandine

    Merci, c’est chouette de pouvoir voyager grâce à toi en ce moment, ca nous manque beaucoup… J’aime toujours autant suivre ton blog

    • Répondre

      Tokyobanhbao

      Je suis un peu à la traîne pour le compte rendu de ce voyage mais au final ce n’est pas plus mal vu l’année qu’on est en train de vivre 😉 merci d’apprécier ! Ça me fait plaisir que l’on puisse ainsi s’évader ensemble !

  6. Répondre

    L&T

    Des panoramas à couper le souffle !

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    Laurie

    C’est typiquement le genre d’endroit où j’aimerais aller, tout me plaît, la vue, la simplicité du gite, la cuisine et l’accueil des habitants. Merci pour ce partage!

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      Tokyobanhbao

      oui, c’est vraiment une sorte de lifegoal cette maison et cette famille <3 Ravie que tu aimes !

  8. Répondre

    Persun

    coucou, quel super voyage ! les images sont belles, votre article me donne vraiment envie de voyager

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